“I’m Tunisian, Canadian, French, and a World Citizen”

Une Shakshuka culturelle

 « Comment tu t’appelles ?
– Anissa !
– C’est un joli prénom ! ca vient d’où ?
– De Tunisie
– Oh wow, tu nous viens de loin ! Comment tu trouves ton premier hiver au Canada ?
– C’est mon 20ehiver ici…
– Oh ! mais alors, tu es Canadienne ?
– Oui, aussi, naturalisée.
– Oh wow, donc tu es née ici ou en Tunisie ?
– En France ..
– Oh Wow ! Alors tu es française aussi !
– Non, il n’y a pas le droit du sol comme au Canada et aux Etats Unis, en France.
-M ais tu as grandi où ?
– On prend un café et on s’assoit ? Ca va être un petit peu long ! »

A Cultural Shakshuka

« What’s your name ?
– Anissa !
– Nice name ! Where is it from ?
– Oh wow, you’re from a far away land ! How are you finding your first Canadian winter ?
– Actually, it’s my 20thwinter in Canada.
– Oh so you’re Canadian?
– Yep, as well… Got naturalized.
– Oh wow! So where were you born? Here or in Tunisia?
– In France…
– Ah, so you’re French as well?
– No, there is no such thing as birthright citizenship in France, like we have in Canada or in the US.
– But where did you grow up, then?
– What about we sit down and have a coffee? It’s a bit of a long story!”

Et c’est àce moment la que l’innocent « small talk » placebo qui remplit  certaines conversations  se transforme en discussions philosophiques et géopolitiques, notamment sur la question de l’identité, les politiques de naturalisation ainsi que l’intégration sociale au sein des sociétés « biologiques » et d’adoption, et le communautarisme.

And this is when the innocent placebo « small talk », which is a default conversation filler, becomes a philosophical and geopolitical discussion, especially on issues like identity, naturalization policies, social integration into “biological” societies, or societies that we adopt as our own; and communitarianism.

Ainsi ont déferléles questions : tu te sens d’où, quelle culture préfères tu, où veux tu t’installer, tu rêves en quelle langue (auquel je réponds « en noir et blanc ») ; mais aussi des questions sur mon avis sur le port du voile. Tout d’un coup, on me nomine comme porte-parole car je me dois d’expliquer ou tenter de justifier les convictions ou les habitudes d’autrui. Aussi, quelquefois j’ai pu décevoir, car je n’ai pas pu remplir certains critères d’adhésion aux stéréotypes les plus communs.

This is how a wave of questions is thrown at me: where do you feel you belong, where do you want to settle down, in which language do you dream (to which I answer “in black and white”); but also questions about my opinion on women wearing the hijab. All of a sudden, I am nominated as a spokesperson/representative. I have to explain or try and justify other people’s convictions or habits. And so it happened that I disappointed people, because I was not matching the usual stereotypes.

Where do you feel you belong, where do you want to settle down, in which language do you dream. Click To Tweet

A me lire vous vous direz certainement que le multiculturalisme est plus un fardeau qu’autre chose, une éternelle explication pour justifier notre présence sur Terre. Que nenni ! Dans mon cas, il y a eu bien plus d’avantages à être nomade pendant mon enfance !

If you read me, you might think that multiculturalism is more a burden than anything else, an eternal complication by which we must constantly try and justify our presence on Earth. But not at all! In my case, my nomadic childhood is definitely a positive thing!

Je suis née à Lyon en France. Mon père travaillait à l’époque pour l’Office National du Tourisme Tunisien (ONTT) et était son représentant à l’étranger. Je ne me souviens pas de mes années en France car, ma famille a déménagé à Bruxelles, en Belgique, quand j’avais deux ans. Nous y sommes restés six belles années. C’est là bas que j’ai appris à parler, lire, développé mes premiers souvenirs ainsi que le goût insatiable pour le Speculoos. Je me souviens d’une Belgique multi-culturelle avec une communauté qui aurait pu faire rougir une publicité de Benetton ou de Dove.

Photo courtesy of the author.. 1995 in Tunisia

I was born in Lyon, France. My father was then the representative for the National Tourism Office of Tunisia (NTOT). I don’t remember anything from my years in France, as we moved to Brussels, Belgium, when I was two years old. We stayed there for six beautiful years. It is there that I learnt how to speak and read, got my first memories, and develop a voracious taste for Speculoos (a typical Belgian biscuit made of candied sugar). I have memories of a multicultural Belgium, with a community that would have made any Benetton or Dove add blush.

J’ai donc appris àparler un français wallon alors que j’entendais mes parents me parler en tunisien a la maison (dialecte de l’arabe). C’est aussi à ce moment là que j’ai commencé les premiers cours d’arabe littéraire à l’école du samedi en cours particuliers. J’y allais  à reculons, car j’étais paresseuse, mais mes parents tenaient à ce que je connaisse ma langue maternelle, et je leur en remercie aujourd’hui, car même si je ne la maîtrise pas parfaitement, je peux tout de même parler le dialecte et comprendre et lire l’arabe littéraire. Nous rentrions tous les étés en Tunisie pour les vacances, les belles plages, les cousinades. J’en garde de très bons souvenirs. Je me souviens aussi, d’avoir toujours été très timide avec mes oncles et mes tantes en Tunisie. Peut être était ce une forme d’introversion ou encore une forme de protection pour éviter les taquineries sur mon accent en arabe.

And this is how I learnt to speak a Wallonian French (Wallonia is the French-speaking part of Belgium, which is a country divided into three official communities according to the language spoken: French, Dutch and German). At home, my parents were speaking Tunisian, an Arabic dialect. It is also the time when I started taking my first private lessons at a Saturday school to learn classical Arabic. I was reluctant to go, because I was a bit lazy, but it was important to my parents that I could get a grip of my mother tongue. Today I am grateful to them, because even though I did not master the language perfectly, I am still able to speak the dialect; and read and understand classical Arabic. Every summer, we would go back to Tunisia for the holidays, the beautiful beaches and family reunions. I have wonderful memories of these times. I also remember being very shy with my aunts and uncles in Tunisia. I think it was a form of introversion, or a way to try and protect myself to avoid being mocked for my accent when I spoke in Arabic.

Avec le recul, je peux dire que je prononçais l’arabe à la française. Je n’avais tout bonnement pas la capacité de prononcer certains sons, tels que les ‘H’ aspirés (pensez ‘Habibi’) et autres lettres inconnues de l’alphabet français.

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In retrospect, I can now say that I was speaking Arabic with a heavy French accent. I wasn’t able to enunciate some sounds that do not exist in French, like the “H” (as in “Habibi”), because I had not learnt how to.

A cet âge là, je me souviens que je voyais ces gentilles moqueries comme une humiliation, donc j’évitais de m’exprimer en public. Pourtant à la maison c’était une autre histoire. L’extraversion à l’état pur !

At this age, I remember clearly that I felt that these harmless remarks were humiliating, so I avoided expressing myself in public. But at home it was a different story. I was super extraverted!

Après ces cinq années au pays des gaufres, nous avons déménagéàStockholm, en Suède. Je n’étais pas particulièrement triste. Je me rappelle que nous avions pris les adresses postales de nos copines de l’école du primaire (années 90 oblige), et que je voyais cette expérience comme une occasion de se faire de nouveaux amis. Aussi, mon père était dans le domaine du Marketing, il savait comment nous « vendre » ce pays !

After these five years spent in the country of waffles, we moved to Stockholm, Sweden. I wasn’t particularly sad. I remember taking my primary school friends’ postal addresses (it was the 1990s after all), and that I thought this experience as a way of making new friends. Remember that my father worked in marketing, and thus he knew how to “sell” us this new country!

Les premières péripéties pour obtenir visas et autres titres de séjour commencèrent. Je me souviens que ma mère nous trimballait mon frère et moi, armée d’un dictionnaire suédois-anglais. Nous étions à l’école française, et j’ai très bien vécu la transition, me faisant de nouveaux amis, en expérimentant enfin la neige, et en appréciant la nature à couper le souffle des pays scandinaves.

Our first adventure to obtain our visa and residence title began. I remember my mother taking us, my brother and I, everywhere, armed with a Swedish-English dictionary. We attended French school, and the transition was very smooth for me. I made new friends, got to experience snow for the first time, and discovered the breathtaking sceneries of Scandinavia.

C’était très simple, àcet âge là(sept ans), je pense que l’on rapporte nos expériences àce que l’on connaît. Je connaissais Disney, et je voyais des cerfs, de la neige et des lapins dans notre jardin, j’avais donc l’impression de vivre dans un conte de fée.

At the age of seven years old, things are very simple. I think we compare our experiences with what we know. I knew Disney, and I was seeing deer, snow and rabbits in our garden. And so I was living in a fairy tale.

J’ai aussi la chance d’avoir des parents qui absorbaient le stress des déménagements, des fouillis administratifs et qui nous ont toujours donnél’impression d’avoir un foyer chaleureux et non uniquement un domicile.

I am also lucky that my parents managed to take on all the stress and red tape related to moving countries without showing it. They always gave us the impression that we had a home, not just a place to stay.

Après une année en Suède, mon père a éténomméàTunis, le pays d’origine ! Je me souviens d’avoir bien vécu cette transition, malgrél’appréhension de m’y établir avec un handicap linguistique. Mes parents nous avaient inscrits mon frère et moi dans un lycée français afin de mitiger le risque d’échec scolaire. Je pense que c’est la meilleure des stratégies si vous devez déménager votre famille d’un pays àl’autre, en les inscrivant dans des systèmes scolaires standardisés (lycée français, lycée international…). Je ne me souviens pas avoir étédépaysée. Cela avait même un sentiment de vacances puisque nous pouvions voir famille et plage à notre guise.

After one year in Sweden, my father was called back to Tunis, the capital of our country! I remember that the transition was quite smooth for me, although I was a bit reluctant to settle down there because of my linguistic handicap. My parents registered us at the Lycée Français (French school) in order to avoid academic failure as much as possible. I think it was a wise decision. To me, putting children in a standardized school system (like the Lycée Français or any other international school) is the best strategy if your family moves countries often. I don’t remember feeling disoriented. Actually, it felt more like a perpetual holiday, since we could see our family and go to the beach whenever we wanted.

Après trois belles années à Tunis, mon père nous a annoncé qu’il serait muté à Montréal au Canada. J’avais dix ans et je commençais à appréhender cette nouvelle réalité montréalaise. En effet, pour des raisons de visa, ma mère et moi devions déménager deux mois après le début de l’année scolaire. La timide que j’étais avait peur d’être le centre de l’attention. Commencer une nouvelle année en territoire inconnu est une chose, la commencer quand les cliques ont déjà commencé à se former, en est une autre. Surtout que j’étais préadolescente, et le sentiment d’appartenance et la reconnaissance au sein d’un groupe commençait à s’exprimer. On ne se mentira pas, si les enfants et les adolescents aiment ou détestent l’école, c’est bien grâce ou à cause de sa dimension sociale.

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After three beautiful years in Tunis, my father announced he was sent to Montreal, Canada. I was then ten years old and I started dreading this new Montreal reality. Indeed, for visa reasons, my mother and I had to move two months after the start of the school year. The shy kid in me didn’t want to be the center of attention. To start a new year in an unknown environment is one thing, but to arrive when friendships have already formed is another. I was a preteen; the feelings of belonging as well as being acknowledged by the group were things that were important to me. Let’s not lie; if kids love or hate school, it is because of its social dimension.

Let’s not lie; if kids love or hate school, it is because of its social dimension.

Photo courtesy of the author – 1992 in Brussels, Belgium.

Je n’avais aucune attente par rapport à ce déménagement, on m’avait vendu ce pays comme la patrie de Céline Dion, et tout ce que je souhaitais c’était de ne pas être «All by Myself » ! En novembre 1997, nous sommes enfin arrivées à Montréal, première neige, accent chantant, bilinguisme assumé et cosmopolitisme rassurant étaient mes premières impressions. Et ça me plaisait beaucoup ! Je sentais que je pourrai m’intégrer à ce patchwork culturel ! Au collège, ce fut agréable aussi, je côtoyais des adolescents de tous horizons et de toutes les cultures.

I had no expectations for this move. This was the country of Céline Dion, and the only thing I didn’t want was to be “All By Myself”! In November 1997, we finally arrived in Montreal. First snow, a singing accent, institutionalized bilinguism and a reassuring cosmopolitism were my first impressions. And I liked it a lot! I felt like I could be part of this cultural patchwork. Junior High School was a nice experience; I was surrounded by teenagers from all horizons and cultures.

Tout le monde se présentait comme canadien, mais lorsque l’on creusait un peu ou que l’on analysait les patronymes la salle de classe représentait assez fidèlement les différentes régions du monde. Je n’ai donc jamais été exposée à du racisme, puisque juifs et musulmans, noirs et blancs se côtoyaient sans jugement.

Everybody introduced themselves as Canadian, but if you scratched the surface and analyzed family names, the classroom became a faithful representation of all the regions of the World. And so racism didn’t exist there, as Jews and Muslims, Black and White were living together without any form of judgment.

Et nous avons passé six belles années à Montréal, ma destination préférée jusqu’à ce jour. Je ne sais pas si c’est parce que j’y ai passé mon adolescence, ou si c’est ce melting pot dans ce mini-New York francophone qui m’avait séduite, ou si c’est parce que j’avais vécu cette expérience protégée par mes parents, ou que c’était une époque dénuée des stéréotypes issus des événements du 11 septembre 2001, mais je n’ai pas ressenti de préjugés associés à mes traits, mon accent (français international), mon nom ou ma religion. Peut être aussi car à cette âge là, les adolescents n’y prêtent pas attention.

This is how we spent six wonderful years in Montreal, which is my favorite destination to this day. I don’t know if it is because I spent my formative years there, or because I was charmed by the melting pot that was this mini French-speaking New York City, or because my parents protected me, or maybe because this was a time when stereotypes from 9-11 where not yet prevalent, but I never encountered any prejudice linked to my physical appearance, my accent (international French), my name or my religion. Maybe also because at this age, these things are of little importance to teenagers.

Lorsque j’ai eu mon baccalauréat, je suis partie faire mes études dans la ville de Québec (Quebec City), et mes parents sont repartis en Tunisie. J’ai eu mon premier choc culturel en déménageant dans cette ville. Québec se trouve à 250 kilomètres de Montréal et est la capitale provinciale de la province du Québec. Pour moi, âgée de 17 ans, toutes les villes québécoises se valaient, et j’imaginais Québec City comme un mini-Montréal. Je me suis trompée.

After I graduated from high school, I decided to pursue my education in Quebec City, and my parents returned to Tunisia. I had my first cultural shock when I moved to this city. Quebec is located 250 km away from Montreal, and it is the capital of the province of Quebec. For me, at age 17, all cities in Quebec where the same, and I thought that I’d found a mini-Montreal there. I was wrong.

Déjà, cette ville n’était pas aussi cosmopolite que Montréal, et le communautarisme y est beaucoup plus marqué. Les québécois de souche restaient entre eux, au même titre que les français ou les arabes. Je me sentais souvent dévisagée dans les bus, et j’ai déjà eu quelques questions gênantes posées par des camarades d’université.

Quebec isn’t as cosmopolitan as Montreal, and communities tend to stay together. “Pure blood” Quebecois stay together, and so did the French or the Arabs. I felt that people where looking at me in public transport, and I got a few embarrassing questions from fellow university students.

J’ai compris à ce moment là que certains individus croient que nous quittons notre pays « d’origine» pour vivre une meilleure vie. Ce qui n’est pas toujours le cas ! Les circonstances qu’ont vécues mes parents, ont guidé mes choix actuels. Ce n’était pas pour avoir une vie meilleure que j’ai décidé de faire mes études universitaires au Canada mais tout simplement parce que c’était le pays ou j’avais vécu le plus longtemps, et qu’à un certain moment tout individu recherche un semblant de stabilité et s’établira dans la société qui lui ressemblera le plus (lorsqu’il a le choix bien évidemment).

This is when I understood that some people thought that we leave our « country of origin » to seek a better life… which isn’t always the case! The circumstances that led my parents to move countries guided my choices as an adult. It isn’t to live a better life that I chose to study in Canada, it is simply because this is the country where I lived the longest, and at a certain point, everybody needs stability and will chose the country in which they feel best (when they have a choice, of course).

Photo courtesy of the author. 16-01-2011 Demonstration in support of the Jasmine Revolution. The author was part of the organising committee.

Cette expérience m’a plongée dans une certaine forme de communautarisme par défaut. Je réalisais qu’à Québec, j’avais plus d’affinités avec les expatriés, qu’avec les québécois. Les québécois étaient très polis et serviables mais certains d’entre eux prenaient leurs distances dès qu’il s’agissait d’établir des relations personnelles inter-culturelles. Au fil des années, j’ai réalisé que je n’étais pas la seule à ressentir cela. J’ai vécu 12 années à Québec, et j’ai établi des relations très fortes avec beaucoup d’expatriés et quelques québécois. Cette expérience m’a permis de me rapprocher de mes racines tunisiennes, en fréquentant des amis tunisiens à Québec, en parlant la langue, en cuisinant ensemble, en célébrant le ramadan (avec des jeûneurs et des non jeûneurs), sans jugement, pour se serrer les coudes et se tenir chaud lorsque nos familles respectives sont à des milliers de kilomètres de nous.

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This experience pushed me by default into a certain form of communitarianism. I realized that in Québec City, I was getting along better with expats than with Quebecois. Quebecois were always polite and helpful, but some of them would keep their distance as soon as it came to build inter-cultural relationships. Over the years, I realized that I wasn’t the only person feeling this way. I lived in Québec City for 12 years, and I developed strong relationships with lots of expats but few Quebecois. In fact, this experience allowed me to get closer to my Tunisian roots, because I was hanging out with Tunisian friends, speaking the language, cooking together, celebrating Ramadan (with fasting and non-fasting friends), without judgment, just sticking together and feel some warmth when our respective families where thousands of kilometers away from us.

I was hanging out with Tunisian friends, speaking the language, cooking together, celebrating Ramadan (with fasting and non-fasting friends), without judgment, just sticking together and feel some warmth when our respective families where thousands of kilometers away from us.

Lorsqu’on me demande d’où je viens, désormais j’adapte mon discours. Si je sens que la personne devant moi est ouverte d’esprit et est authentique, je lui partage l’histoire entière. Autrement j’ai un arbre décisionnel qui déterminera quelle sera la réponse que je donnerais (canadienne, tunisienne ou française), si je n’ai pas envie de m’étendre dans une discussion longue. Tout dépend du contexte et du feeling.

Now when someone asks me where I come from, I adjust my answer. If I feel that the person is open-minded and authentic, I will tell them the whole story. Otherwise, I have ready-made answers depending on the situation: Canadian, Tunisian or French; or just if I don’t feel like elaborating and have a long discussion. It all depends on context and feeling.

Et si je devais vous répondre aujourd’hui, je me sens de quel pays et quelle est mon identité, je vous répondrais que je suis tunisienne, naturalisée canadienne, née en France et citoyenne du monde. Je pense que notre pays affectif est celui ou demeure nos parents (Tunisie). Ce sont ses valeurs qui nous ont été transmises depuis le berceau, peu importe sa localisation. Le pays qui nous a forgé socialement et intellectuellement est celui ou nous avons bâti nos relations personnelles et professionnelles (Canada).

And if today I had to answer the questions “which country do you feel like you’re from and what is your identity?”, I’d tell you that I’m Tunisian, naturalized Canadian, born in France, and a citizen of the World. I think that our affective country is the one our parents are from (Tunisia in my case). These values are given to us from birth, no matter where we are born. The country in which we spend our formative years, socially and intellectually, is the one where one builds their personal and professional relationships (Canada in my case).

I’m Tunisian, naturalized Canadian, born in France, and a citizen of the World.

En fait, j’essaye de prendre le meilleur de chaque culture. La ponctualité nord-américaine alliée àla chaleur humaine tunisienne et l’amour du débat francophone. Le sirop d’érable, la harissa et la sauce béarnaise. Un brunch culturel.

In fact, I am trying to take the best of each culture. The North-American punctuality, mixed with the Tunisian human warmth and the French love of debate. Maple syrup, harissa paste and Béarnaise sauce. A cultural brunch.

French-English translation by Séverine Perronnet.

Anissa est née à Lyon en France et a vécu en Europe, en Afrique du Nord,
en Amérique du nord et en Asie du Sud-Est. Amoureuse de voyages et de photographie, elle aime découvrir de nouvelles cultures. Titulaire d’un bachelor en microbiologie, un master en biologie moléculaire et un MBA en global business, elle habite actuellement à Washington D.C, et travaille en tant que Project Manager en R&D des vaccins. Les causes qui lui tiennent à coeur sont la défense des droits humains, des minorités ethniques ainsi que la lutte pour l’égalité des genres. Anissa s’intéresse particulièrement au développement individuel par le coaching, et s’adonne a l’écriture, la photographie (2.0 ou Vintage), et au Cake design qui lui permettent d’explorer sa créativité.

Anissa was born in Lyon, France, and she lived in Europe, North Africa, North America and South-East Asia. She loves traveling and photography, and discovering new cultures. She holds a Bachelor in microbiology, a Masters in molecular biology and a Global Business MBA. She currently lives in Washington D.C., where she works in vaccination R&D. She is passionate about human rights, ethnic minorities and gender equality. Anissa is particularly interested in self development via coaching, and she enjoys writing, photography (2.0 or vintage) and cake design to explore her creative side

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